Extrait des « entretiens de Saïgon » (Dr Truong Thin et Dr Daniel Laurent)
Pour comprendre l’univers, il faut un modèle. La nature dont nous procédons est celui que nous propose la médecine traditionnelle. Ce modèle est régi par des lois qui forment une science bien plus grande que tout ce que l’homme a inventé.
D’ailleurs il n’y a pas de science de l’homme valide, si elle n’est pas incluse dans la science de l’univers. L’homme ne doit jamais être étudié isolément. Les Anciens ne disaient-ils pas dans le Neijing (livre fondateur de la médecine traditionnelle chinoise), que le praticien « grand ouvrier » devait connaître l’uranologie (la science du ciel) ‘
Les lois qui régissent l’univers sont la base scientifique de toute la médecine orientale.
Ce sont les théories du Qi, du Yin-Yang, des Wu Xing (cinq éléments). Elles s’appliquent tant à l’univers, à la société qu’à l’homme. Elles ont été largement diffusées dans de nombreux ouvrages et en particulier dans celui que nous avons publié sous le titre « manuel de médecine traditionnelle asiatique ».
En simple rappel, nous définirons le Qi comme principe vital de l’existence entre Ciel et Terre. Le Qi moins manifesté est énergie, le Qi plus manifesté est matière. Ce qui signifie que le Qi s’exprime de manière générale selon deux modalités toujours présentes, opposées, complémentaires et cycliques. Ces deux modalités sont le Yin et le Yang, mais compte tenu de ce que nous venons de dire, on ne peut parler que de Yin-Yang. On ne saurait donc évoquer la matière sans l’énergie ou l’énergie sans la matière, ou le corps sans la pensée, ou l’esprit sans un substrat matériel.
Ces deux modalités Yin-Yang du Qi, se déclinent en cinq mouvements spécifiques, les Wu Xing (littéralement cinq éléments), organisés cycliquement et régis par des opérateurs particuliers, l’un de production (sheng), l’autre d’inhibition (ke).
Tous ces principes qui fondent les lois organisationnelles enseignées par la médecine traditionnelle orientale sont largement expliquées dans le livre précédemment cité en référence. Pour ceux qui ne le possèdent pas, nous ajoutons en annexe et en fin de chapitre, l’essentiel du texte concerné.